Kinshasa 19 Mars, 2009 __ Le Congres de l'UDPS n'aura pas lieu et le President National Etienne Tshisekedi desavoue Valentin Mubake
De sources generalement bien informees a Bruxelles et Kinshasa, nous avons la confirmation que M. Etienne Tshisekedi ne sera pas present a Kinshasa au mois d'avril 2009 pour raison medicale. Il restera en Belgique pour poursuivre sa convalescence. Il a aussi ete confirme que le Congres n'aura plus lieu aux dates initialement indiquees (cad du 15 au 19 avril 2009).
Le College des Fondateurs de l'UDPS, ayant institue le Directoire de l'UDPS (Presidence collegiale), refuse d'organiser le Congres en l'absence de celui qui l'a convoque, en l'occurrence M. Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, President National.
D'autre part, compte tenu de graves conflits subsistants au sein de l'UDPS, constatant que les moyens financiers font cruellement defaut et que la liste des delegues ( devant etre elus localement par leurs bases ) ainsi que la liste des invites de marque, notament les representants des partis membres de l'Internationale Socialiste, n'ayant pas ete produites, le College des Fondateurs a trouve inopportun et risque de recommander la tenue du Congres au Directoire et a M. Etienne Tshisekedi, President National, en convalescence a Bruxelles.
Les memes sources indiquent que M. Etienne Tshisekedi a approuve certaines decisions du College des Fondateurs et que M. Tshisekedi ne reconnait plus M. Valentin Mubake en tant que President du Comite National. Le flou demeure cependant sur le cas de M. Alexis Mutanda, promu Secretaire General de l'UDPS par M. Tshisekedi mais invalide par le College des Fondateurs.
Les memes sources signalent que M. Paul Kapita Shabangi (ancien dissident ayant sollicite le pardon des instances superieures du parti) n'a pas ete re-integre au sein du College des Fondateurs en depit de ce qui a ete publie par lui ou des groupes qui lui sont proches a l'etranger. A ce jour, precisent les memes sources, M. Paul Kapita ne fait partie d'aucune structure de l'UDPS. La qualite de sympathisant de l'UDPS ne requiert aucune demarche particuliere.
Pour Congonet Radio (www.congonetradio.com)
Guy-Gerard Pandajika
Kinshasa, RD Congo
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La descente aux enfers de l'UDPS (La Libre 18/03/2009) |
L'UDPS, née il y a 27 ans, n'arrive toujours pas à organiser son premier congrès. Un signe de la décadence de l'ex-champion de l'opposition.
analyse
Vingt-sept ans après sa création, l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) d'Etienne Tshisekedi aurait dû tenir son premier congrès, du 15 au 19 février derniers. Une "première" déjà bien tardive pour un parti affirmant lutter pour la démocratie.
Mais il y a pire : c'est que ce premier congrès, d'abord retardé, vient d'être remis sine die, Etienne Tshisekedi ayant dissout samedi dernier le comité organisateur de cette rencontre. On mesure ainsi la décadence de la formation politique qui fut le fer de lance de l'opposition et s'attaqua avec succès à la révérence entourant Mobutu, permettant ainsi la fin du monopartisme dans l'ex-Zaïre.
Creuseurs de diamants
L'UDPS avait été créée le 15 février 1982 par treize parlementaires - qui seront condamnés, pour cette "faute", à quinze ans de prison. Leur initiative faisait suite à la répression, par l'armée zaïroise, en juillet 1979, de "creuseurs" artisanaux à la recherche de diamants à Katekelay (Kasaï oriental), à une époque où l'exploitation du diamant n'était pas libéralisée; les treize parlementaires s'étaient distingués en protestant contre la mort de quelque 300 creuseurs.
Dans les années qui suivirent, l'UDPS devint le symbole même de l'opposition à la dictature de Mobutu et le Kasaïen Etienne Tshisekedi prit peu à peu l'ascendant sur cette formation jusqu'à en devenir le chef. En 1990, le multipartisme était adopté, mais la lutte pour un véritable partage du pouvoir continuait.
Avec le passage des ans, l'UDPS subit une évolution. Parallèlement au culte grandissant - et parfois délirant - de Tshisekedi, le parti connut des défections de plus en plus nombreuses de membres qui lui reprochaient soit l'autoritarisme du chef, soit l'appropriation de la formation par les originaires du Kasaï. Bref : les défauts mêmes que l'opposition reprochait à Mobutu.
Manque de leadership
Quand la guerre de conquête du pouvoir par Laurent Kabila commence (1996), l'UDPS n'est déjà pratiquement plus qu'un "parti de Kasaïens". Privé des fruits de sa longue lutte contre Mobutu par la victoire militaire de Laurent Kabila, Etienne Tshisekedi passe très vite à l'opposition à ce dernier, appelant à lutter "contre le retour de la tyrannie".
Mais bientôt, le chef adulé de l'UDPS, malade, donnera l'impression de se contenter de son statut de "premier opposant", se satisfaisant de l'hommage révérencieux des siens - au grand dam d'une partie de plus en plus importante de ses militants, désireux de faire prévaloir leurs idées en s'attaquant à la gestion des affaires publiques. Devant le manque de leadership de l'UDPS, certains de ses militants n'hésiteront pas à tenter de doper sa popularité en enfourchant le cheval de l'ethnisme anti-tutsi.
Mais le coup de grâce à l'UDPS sera donné par son chef : le refus d'Etienne Tshisekedi de participer au processus électoral a écarté ce parti des institutions et de la politique dans le Congo d'aujourd'hui.
Si certains espéraient que l'UDPS se referait une virginité loin des feux de la rampe, d'ici aux prochaines élections (prévues en 2011), son échec à organiser son premier congrès semble sonner le glas de cette espérance. Les préparatifs à cette réunion, entamés dès juin 2007, ont été émaillés de disputes, accusations les plus graves, faux communiqués officiels et "bagarres rangées" entre militants, qui donnent l'impression d'un parti divisé, ayant usé jusqu'à la corde l'extraordinaire abnégation de ses militants.
Marie-France Cros
Mis en ligne le 18/03/2009
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